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“A tous ceux qui se lancent : Faites-vous accompagner !”

Difficultés administratives, financières, pressions sociales, le parcours d’entrepreneur est une aventure en soi… surtout lorsque l’on n’a jamais été préparé aux épreuves à venir. D’où l’intérêt de se faire accompagner dès le début par une des multiples organisations d’appui désormais existantes en Belgique. Ils sont de plus en plus nombreux à passer par des “incubateurs”, des “couveuses”… Et ce n’est pas Manon Lambert, jeune entrepreneuse qui vous dira le contraire… Zoom sur l’expérience de la VHS AGENCY.

Koalaboox

Koalaboox : Salut Manon, merci d’avoir accepté de partager avec nous ton parcours d’entrepreneuse dans la production audiovisuelle. Je voulais d’abord te demander de revenir sur ta formation avant de te lancer dans l’aventure « VHS » ?

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VHS_logoKoalaboox

Manon Lambert : Alors, j’ai fait mes bacheliers à l’IHECS (École de communication) à Bruxelles, suivi d’une Licence en com’ à l’ULB (Université Libre de Bruxelles) en 2011. Comme vous le voyez, je travaille dans la com’ et les médias alors que j’ai fait justement des études de com’ et des médias… C’est déjà pas mal, non ?

Beaucoup d’entre nous finissent dans des banques ou à faire de l’administratif dans une quelconque boîte… Pour être honnête, avant d’être indépendante, j’ai fait ça aussi (rires) mais dans mon milieu chez Belgafilms. Je me disais « chouette j’ai un pied dans la maison du cinéma il ne reste plus qu’à faire ses preuves pour obtenir un poste à responsabilités et créatif plus tard !» sauf que dans ce genre de boîte … ben on reste bien gentiment à sa place et lorsque l’on souhaite évoluer, on se fait griller par un parfait inconnu, arrivé « de nulle part », sans connaissances du milieu et on stagne. Enfin c’est ce qui m’est arrivé.

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KB : Vous saviez que vous vouliez devenir indépendante ?

ML : Pas spécialement. J’avais envie d’être indépendante, par principe, mais je ne savais pas en quoi. Je pense que comme beaucoup de jeunes indépendants, c’est finalement en ayant les bons contacts et en me connectant aux bons projets que j’ai trouvé l’opportunité de me lancer. Ça aurait pu être un bar à tapas, je me serai lancée aussi. C’est vraiment la gestion de l’entreprise qui m’intéressait. Et puis, ne dit-on pas que l’on n’est jamais servi mieux que par soi-même ?

Bref c’est en pleine réflexion sur mon avenir professionnel que j’ai eu l’occasion de rencontrer Zoubeir (le fondateur de VHS Agency, ndlr), via des amis (ok via des anciens scouts, mais ça reste entre nous…) qui lançait un projet dans l’audiovisuel. J’ai rejoins son projet tout en continuant en 4/5 chez Belgafilms le temps de lancer le projet en douceur, en couveuse, et pour se faire un carnet d’adresses. Ça a tellement bien marché que l’on a fait assez vite un bon chiffre d’affaires. La couveuse nous a d’ailleurs dit « OUT » (rires) ! Et nous voilà un an plus tard, lancés en SPRL à faire de la réalisation audiovisuelle.

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VHS Agency

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KB : Vous mentionnez l’étape de la couveuse, vous avez été bien accompagné ?

ML : Nous avons été aidés par la couveuse pour les lacunes entrepreneuriales que nous avions, choses que l’on ne nous apprend pas dans des études de com’ ou d’arts. Nous avons ensuite été aidés par le réseau « Entreprendre », avec de multiples formations à la clé. Nous sommes actuellement aussi suivis par l’AWEX pour notre volet « exportation » vers la France. Nous nous sommes spécialisés dans la réalisation d’hologrammes, ce qui s’exporte assez bien chez nos voisins hexagonaux. Des groupes comme Décathlon nous ont déjà fait des commandes et nous souhaitons nous en servir pour travailler avec la France.

Bref, je recommande vraiment le système de couveuse d’entreprise à tout le monde ! Nous sommes aussi passé par Jobin nous avons été ravis. On était nul en compta et administratif et là on a eu toutes les informations nécessaires.

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KB : Et c’est facile de se faire accompagner comme ça ?

ML : Il faut savoir que l’on n’entre pas comme ça en couveuse… Il faut passer devant un jury, remettre des Business Plan, des plans d’actions, des plans et des plannings puis… encore des plans et des planning…

Le seul hic, selon moi, c’est que parmi toutes les aides reçues, j’ai senti que le monde du digital n’est pas encore toujours bien compris. Tout le monde s’accorde à dire que c’est devenu indispensable, mais en termes de maîtrise, peu d'”experts” ont pu nous aider concrètement.

Koalaboox

tournage VHSSortir des études avec une vraie expérience professionnelle, le challenge des starters en audiovisuel.

Koalaboox

KB : Et comment s’est passé la « mise en vol » ?

ML : Malgré les multiples formations que nous avons eues, nous n’avons jamais vraiment été formés pour faire face aux situations « réelles ». Même le meilleur Business Plan ne survit généralement pas après quelques jours d’essai. Il doit déjà être modifié.

Dans notre cas, après seulement trois mois, nous étions déjà en rupture de fonds de roulement. Trois mois ! Nous avions bien des clients et des contrats, mais comme nous avions tout avancé et que rien n’était payé, nous avions déjà failli mettre la clé sur la porte dès les premières factures et cotisations. Imaginez comme c’est dur pour quelqu’un qui vient de se lancer… Tout le monde vous dit « tu seras la nouvelle Steve Jobs ou Marissa Mayer » mais mon aventure a failli se finir après seulement trois mois. Dur pour l’égo. Pour ça, merci à nos soutiens dont Koalaboox, qui nous ont aidé à passer ce cap difficile.

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VHS Angency

Koalaboox

KB : Avez-vous des conseils à donner à ceux ou celles qui envisagent ou hésitent à se lancer ?

ML : Faites-vous accompagner ! C’est le top pour acquérir les compétences qui manquent pour faire du management ! Aller dans des endroits de partages comme des espaces de co-working pour sortir de votre solitude et de votre isolement. Un des problèmes à la sortie des études est le manque de networking et de connaissance sur le monde l’entreprenariat. L’école forme à être de bons employés ou fonctionnaires, mais pas à devenir indépendant, au sens pur du terme…

Pour être honnête, même après un an de travail, j’ai encore du mal à gérer les notions de caisse de santé, cotisations sociales, de pensions…

 

KB : Souhaitez-vous partager avec nous un moment particulier qui vous rend fière d’être entrepreneure ?

ML : Par exemple notre série de publicités qui commence au JT de 19h30 sur la RTBF, ça fait plaisir ! C’est un projet auquel nous avons participé de bout en bout, du networking (avril 2016 lors du premier contact à décembre 2016 lors de la conclusion du contrat) à la réa’ en janvier 2016 ça fait quasi un an de travail ! T’imagines le résultat ?

 

Manon_LambertManon Lambert, femme entrepreneur

VHS Agency

KB : De notre expérience, nous voyons très peu de femmes chef d’entreprise actives dans les services de communication, services web, etc. Vous confirmez ? Et si oui, à quoi est-ce dû selon vous ?

ML : Je ne confirme pas car selon moi il y en a beaucoup plus que l’on ne le pense, au contraire. Mais d’un point de vue médiatique, c’est vrai qu’elles sont encore fort mises à l’écart. Dans les revues, les événements, ce sont les mâles blancs, autour de la cinquantaine, qui trustent l’attention. Par exemple, lors de la dernière remise des prix de l’AWEX il y avait 15 hommes et 1 femmes…hum…

Il existe aussi des réseaux comme le FAR « Femme Actives en Réseau », une très chouette initiative ! Ça aide beaucoup d’entrepreneuses à s’affirmer et à se créer un réseau. Mais je pense que limiter le networking rien qu’aux femmes, c’est se couper du monde dans lequel justement, la femme mérite qu’on lui laisse une place. Nous ne devrions pas être placées dans des cases en fonction de notre sexe, mais plutôt mettre en avant nos compétences et nos aptitudes face au reste du monde.

Après, il est vrai aussi que les femmes partent de plus loin donc, si elles semblent moins présentes, ça ne doit pas masquer l’augmentation des entrepreneuses, notamment chez les jeunes starters où l’équilibre est déjà plus fort.

 

Crédits photos : VHS Agency