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Avez-vous remarqué une dégradation dans le retard de vos paiements ?

“Mieux vaut prévenir que guérir”…

 

Le vent serait-il en train de tourner ? Alors que les engagements de paiement n’avaient jamais été aussi bien respectés depuis la crise, nous assistons à nouveau à une augmentation des retards de règlements entre entreprises. La situation n’est pas encore alarmante, mais face à ce changement de comportement qui commence à peser sur les trésoreries et cycles de production, il est temps de penser à sécuriser ses liquidités.

Selon le dernier rapport Graydon[1], le recours à la facturation électronique et la professionnalisation des outils de gestion a permis aux indépendants et PME d’être plus rigoureux dans le respect de leurs engagements. Mais ça, c’était avant 2017. Depuis, changement de cap, les retards de paiement augmentent à nouveau. Aujourd’hui, seulement 68,3 % des factures sont encore payées dans les temps (>90 jours !!!). Si l’on ajoute à cela que le nombre de défauts de paiement (factures non payées 90 jours après leur échéance ou jamais payées) a progressé de 35% par rapport à 2016, le rapport révèle que pour 100 factures que vous établissez, huit ou neuf ne vous seront jamais réglées (ou très… très tard).

 

Un coût important pour les indépendants…

Les conséquences sont évidentes. Cette situation entraîne forcément un accroissement du nombre d’entreprises éprouvant des difficultés (financières) et devant donc envisager une éventuelle PRJ, tomber sous le coup d’un article 30bis, ou même déposer leur bilan. Tout cela en raison des défauts de paiement de leurs clients…

Les indépendants doivent donc se montrer encore plus vigilants. Un défaut de paiement sur quasi une facture sur 8 est synonyme d’atteinte aux liquidités d’une entreprise. Il reste donc essentiel de continuer à s’informer sur le comportement de paiement et la situation financière de vos relations d’affaires ou de se doter d’outils d’aide comme le financement de facture, afin de vous assurer de disposer de suffisamment de liquidités quoi qu’il arrive.

 

Du retard dans les paiements, c’est du retard dans vos cycles de production

 

Avant de rapporter de l’argent, un produit doit être fabriqué. Et l’entreprise doit en payer le coût avant même de gagner un euro : personnel à payer, marchandises de base à acheter, coût de l’énergie qui alimente les machines…

Lorsque vous créez une entreprise, vous devez financer vos actifs immobilisés, comme le bâtiment et le parc des machines.  Mais l’entrepreneur débutant doit aussi préfinancer un cycle de production au moins. Si le produit n’est pas payé immédiatement après la production et la vente, l’entrepreneur ne dispose toujours pas d’argent frais pour lancer immédiatement un deuxième cycle de production. Celui-ci doit donc également être (partiellement) préfinancé. C’est seulement lorsque de l’argent rentre que l’entrepreneur peut l’utiliser pour financer le cycle de production suivant.

Plus le paiement tarde, plus le montant que l’entreprise de production doit avancer pour continuer de travailler augmente, et plus la nécessité d’un capital d’exploitation net devient importante. Un entrepreneur confronté à des retards de paiements est donc freiné dans sa croissance.

Si vous vous retrouvez dans une situation de retard de paiement risquant d’entraîner des difficultés pour votre entreprise, vous pouvez toujours faire financer ladite facture pour disposer de la trésorerie nécessaire à vos dépenses.

En prévoyant vos coûts récurrents, vous pilotez votre entreprise avec davantage de clairvoyance. Vous prenez de meilleures décisions concernant votre activité :  quels contrats accepter, quels délais de paiement exiger, quelles factures faire financer en cas de risque de rupture de trésorerie… Bref gérer et faire grandir votre activité en toute sécurité.

 

A (re)lire : coûts récurrents que vous devez ABSOLUMENT anticiper  

 

 

… et pour la Belgique !

Si ces chiffres peuvent sembler modeste à première vue, il faut savoir qu’au niveau fédéral, le dommage économique calculé suite au paiement des factures à plus de 30 jours après la date de facturation était de 10 milliards d’euros ! (9.649.743.047 euros pour être précis). En gros, cela représente environ 2% de notre produit national brut, ou l’équivalent de 20.000 emplois.

 

4 raisons belgo-belges qui retardent vos paiements (et que vous ignoriez sans doute)

L’évolution négative du comportement de paiement s’expliquerait, selon Graydon, de différentes façons :

  • 1. Le comportement de paiement de l’administration fédérale. Les autorités fédérales et régionales sont des acheteurs importants de biens et de services dans notre économie, leur comportement de paiement a donc une influence directe sur le niveau de liquidités de nos entreprises.

 

  • 2. La législation belge (relative aux paiements B2B et G2B) qui considère les délais de paiement à 60 jours comme normaux (contrairement à l’Europe qui vise une norme de 30 jours) et l’existence de nombre de moyens détournés pour prolonger les délais de paiement.

 

  • 3. À Bruxelles, les conséquences des attaques terroristes, des politiques d’ (im)mobilité, conjuguées au nombre élevé d’entreprises structurellement moins saines (et donc moins résistantes aux chocs) pèsent au total lourdement sur les retards de paiement.

 

  • 4. La reprise de l’économie ! Cela peut paradoxal, mais Graydon suppose qu’en temps de crise règne la prudence devant les risques éventuels. Elle favorise une gestion serrée des liquidités selon le principe ‘cash is king’. La crise étant considérée par beaucoup comme derrière nous, l’attention se porte davantage sur les aspects commerciaux. Et c’est ainsi que les entreprises seraient moins vigilantes par rapport aux dangers et conséquences des retards de paiement.

 

A (re)lire : Que faire face à un client fantôme ?

 

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[1] Graydon, Rapport PME : aperçu de l’état de santé économique et financière des PME belges, janvier 2018.

 

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