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« Il est temps que les universités, génératrices d’innovations, investissent dans le tissu économique local »

Lancer sa propre entreprise n’a jamais été aussi facile qu’aujourd’hui grâce aux nombreuses structures d’accompagnement et de financement destinées à guider les nouveaux entrepreneurs. Mais la réalité du marché reste implacable pour le starter inexpérimenté. La moindre erreur stratégique peut se payer cher… Un constat encore plus vrai dans un milieu universitaire, source de recherche et d’innovations mais pas toujours préparé à entreprendre… La communauté universitaire, consciente de ce problème, a commencé à se mobiliser et mettre en place des solutions. Exemple avec le Fonds d’Investissement dans les startups BOOST, lancé par l’Université de Liège.

 

Anne Girin, directrice financière de l’Université de Liège, est à l’origine de la création du Fonds BOOST. Ce Fonds d’Investissement dans les startups a été lancé par l’Université de Liège en septembre 2017 et vise à donner un coup de pouce financier à des projets entrepreneuriaux, dont les porteurs sont issus de la Communauté universitaire (au sens large :  ex : un étudiant, un chercheur, un admin, un prof, bref un membre actif de la communauté universitaire).

 

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Anne Girin, directrice financière de l’Université de Liège

 

KB : Mme Girin, pouvez-vous revenir sur les origines du fonds BOOST ?

AG : Le Fonds est né de 2 constats. Pour faire face à l’évolution du monde économique et du marché, nous avons pensé qu’il fallait davantage booster les initiatives entrepreneuriales, et pas seulement en matière de valorisation de la recherche. Les universités, à travers la recherche, les prestations pour tiers (en concurrence avec le secteur privé) et le soutien aux spin-offs (voir définition ci-dessous), jouent un rôle important dans l’économie de demain. Néanmoins, jusqu’à présent, l’ULiège n’investissait pas en cash dans le tissu économique local. Pourtant, il est important de soutenir les initiatives entrepreneuriales, dès lors que des personnes ont de bonnes idées, de la motivation, mais un manque de quelques éléments comme le réseau ou les fonds de départ pour se lancer.

 

KB : et le second constat ?

AG : Vous connaissez sans doute des « pépites » wallonnes comme EVS (ralenti vidéo) ou Mithra (pharma) ? Ces entreprises de renommée internationale sont issues du monde universitaire (de l’ULiège dans ce cas-ci, NDLR). Nées comme simples Spin-Off, elles sont devenues des entreprises reconnues et réputées mais qui n’ont pratiquement plus de lien avec l’Université dont elles sont issues, car l’université, qui à la base a fait un apport de technologie (en nature) a, par la suite, été diluée lors des appels de fonds ultérieurs. En créant ce fonds, l’Université se donne la possibilité de soutenir la spin-off en participant à un appel de fonds en cash et donc de conserver une participation au sein de cette spin-off.

 

Spin-off ou Startup ?

Koalaboox_spin-off_financement_starter

 

Spin-off

Une Spin-off, ou scission d’entreprise, est une opération de réorganisation qui consiste à fractionner une activité, généralement en plusieurs nouvelles entités indépendantes.

Une spin-off universitaire est une nouvelle société créée à partir d’un laboratoire de recherche universitaire dont l’objet est de valoriser commercialement un résultat de recherche (une technologie). Pour ce faire, la société spin-off est en principe liée à l’université par le biais d’un contrat de licence qui établit les conditions du transfert de la technologie du laboratoire universitaire vers la société ou via une participation de l’université dans la spin-off issue d’un apport en nature de technologie.

Startup

Une startup est une nouvelle entreprise innovante, généralement à la recherche de financement, avec très fort potentiel de croissance économique. Sa phase de recherche et de développement de produit innovant, de test d’idée, de validation de technologie, ou de modèle économique, est plus ou moins longue, avant sa phase commerciale, et son taux de risque d’échec est très supérieur à celui d’autres entreprises, de par son caractère novateur, sa petite taille et son manque de visibilité.

 

KB : Peut-on vous demander à quelle hauteur ce fonds est-il doté ?

AG : Le Conseil d’Administration de l’ULiège a décidé en janvier 2017 d’investir une 1e tranche d’un million d’euros dans les startups issues de la communauté universitaire. Mais attention, ce ne sont pas des spin-offs à priori.  Il s’agit d’un vrai projet entrepreneurial qui vise une mise sur le marché du produit/service endéans l’année, avec un porteur de projet clairement identifié qui apporte lui-même au moins 25% du capital de départ.

 

KB : Et quelle est la différence entre le fonds BOOST et les autres fonds de soutien, ou du moins sa spécificité ?

AG : Au niveau des universités, historiquement, nous sommes fort logiquement dans du soutien à la recherche et aux spin-offs. A ma connaissance, il n’existe pas de fonds universitaires dont la mission est de venir directement en soutien aux startups issues de la communauté universitaire dans un contexte différent de celui d’une valorisation de la recherche ou d’un apport de technologie. Comme je l’ai dit, ici il faut au minimum un porteur de projet, clairement identifié et pertinent, qui doit mettre 25% et une mise sur le marché endéans l’année.  On est donc dans une logique très différente de celles des spin-offs.

 

KB : Et comment peut-on bénéficier de ce fonds ?

AG : Pour autant que l’on soit un membre actif de la communauté universitaire, il suffit de répondre à l’appel et de remplir le dossier (voir sur le site de l’Université de Liège). Un Comité d’Investissement, placé sous la présidence du 1er Vice-Recteur Eric Haubruge et composé de 6 membres, sélectionne les dossiers et décide des investissements. Le reste de l’activité de BOOST consiste en de l’accompagnement, du coaching et du suivi des bénéficiaires.

Je me permets, par ailleurs, de préciser qu’il y a actuellement un appel en cours. Les dossiers doivent être rentrés pour le vendredi 9 mars 2018 et la prochaine réunion d’analyse des dossiers par le Comité d’Investissement aura lieu le 13 avril 2018.

 

KB : Grâce aux candidatures déjà reçues, pouvez-vous déjà dresser un premier bilan ? Vos objectifs sont-ils déjà atteints ?

AG : Le fonds étant tout jeune (2017), il est trop tôt pour tirer un premier bilan. Nous avons déjà reçu de nombreuses candidatures pour les premiers appels. 2 projets ont été retenus pour un investissement direct par le Comité d’Investissement. Il s’agit de CommuniCare (Mise en place d’une application mobile et d’une plateforme pour la communication entre patients et soignants dans le cadre des maladies chroniques) et BeerFact (Mise en place d’une microbrasserie). Nous comptons lancer 4 à 5 appels par an et voir comment le Fonds BOOST va se développer.

 

Fonds d’investissements publics en Belgique

Outre des subventions, un « starter » peut demander le soutien de fonds d’investissements publics. Ceux-ci encouragent les investissements économiques dans certains pays ou régions et interviennent souvent sous forme de prêt ou d’investissement de capital.

Voici les principaux :

 

Retrouvez toutes les informations sur le Fonds Boost ici

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Crédits Photos : Koalaboox & Michel Houet

 

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