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« Je suis un entrepreneur serein ! Mais bon… serein comme peut l’être un indépendant en Belgique »

Nous avons rencontré Jean-Yves Devillers, fondateur de la marque de vêtements belge « James Patageul ». L’occasion de passer un bon moment avec un entrepreneur passionné, multi-casquettes, épicurien, mais qui ne compte pas ses heures et se retrouve parfois sur le fil. Normal, quand on est entrepreneur en Belgique, non ?

 

Jean_Yves_Devillers_James_Patageul_Koalaboox

James, pardon Jean-Yves, créateur de la marque « James Patageul »

 

Koalaboox : Bonjour Jean-Yves, pour cet entretien, nous voulions commencer par la question qui nous démange le plus. Pourquoi « James Patageul » ?

Jean-Yves Devilliers : J’ai toujours été fan du film « Le Pari », avec Bernard Campan de Didier Bourdon (Les Inconnus, NDLR) et de la réplique « J’aime pas ta gueule ». Lorsque nous avons lancé notre projet de confection de T-Shirts à caractère humoristique, la réplique est revenue assez vite dans les discussions et je me suis dit : « Pourquoi pas ? », ça colle bien avec l’image que je veux donner à ma marque, drôle, « rentre-dedans », mais pas méchant non plus. Et puis au moins ça, personne ne l’oublie après.

 

 

KB : Vous avez des clients, des connaissances, qui n’osent pas prononcer le nom de votre marque ?

J.-Y. D. : Oui, et plus que vous ne le pensez. En toute modestie, beaucoup de gens m’appellent du coup « James » tout court ou, le créateur-de-vêtements-avec-des-citations-rigolotes, pour ne pas avoir à prononcer le mot qui coince !

 

KB : Et comment est née l’aventure « James Patageul » ?

J.-Y. D. Il y a quelques années, je cherchais un modèle de t-shirt spécifique pour l’anniversaire d’un proche. Je ne trouvais rien qui me convenait. Je me suis renseigné sur les prix des matières de base, j’ai pris quelques contacts dans la création et j’ai fait mon propre modèle. Le résultat a super bien marché, puis des amis m’ont demandé d’en faire d’autres, puis des connaissances d’amis… De fil en aiguille, vous vous en doutez, ça a pris de l’ampleur et j’ai décidé de lancer carrément une marque professionnelle. Mon épouse a rejoint l’aventure, nous avons engagé une personne et cela fait maintenant officiellement deux ans que « James Patageul » existe.

logo_James_Patageul

KB : Vous vous êtes donc lancé sans business plan, sans investisseurs. Ça a dû être un sacré défi !

J.-Y. D. : Non pas spécialement. Je suis quelqu’un de très cartésien. J’ai vu une opportunité et je me suis ne dit « pourquoi pas ? » J’aime vivre au jour le jour, sans me fixer des objectifs ou des contraintes, je prends les choses comme elles viennent. Tant qu’avec ma compagne nous pouvons subvenir aux besoins de la famille, payer notre employée, nos factures, nous sommes contents. Je ne veux pas m’infliger cette pression de croître à tout prix, de « casser » le marché, et je ne sais quoi d’autre. Je garde un œil sur l’évolution du marché. Si un jour la mode des vêtements personnalisables devait disparaître ou que la concurrence devenait tellement forte que je devrais me jeter corps et âme pour survivre, je ne suis pas sûr que je le ferais. J’ai l’avantage de pouvoir redevenir policier en cas de gros pépin. Du coup je n’ai pas de pression et, paradoxalement, je gagne en efficacité, je travaille plus sereinement. Après, même sans pression, j’évolue parfois sur le fil, on reste des entrepreneurs en Belgique (rires) !

 

Koalaboox_Jonathan_Avau_James_Patageul

 

KB : Vous parlez d’efficacité, qu’est-ce qui rend justement « James Patageul » différent des autres marques ? Le secteur est quand même déjà bien développé, non ?

J.-Y. D. : C’est vrai, mais notre passion c’est de proposer des produits de bonne qualité. Notre but n’est pas de vendre un maximum de t-shirt à 5 ou 10 € que les gens ne mettront qu’une seule fois. Nous souhaitons que nos clients soient fiers de porter nos produits, au quotidien et pas seulement pour le « délire ». Nous n’utilisons que des matériaux biologiques, nous savons d’où vient notre matière première et nous réalisons les impressions directement à l’atelier. Je garde la mainmise sur le processus et je peux offrir de bons produits à mes clients, qui n’existent pas nécessairement. Nous sommes une marque « premium », et c’est ce qui nous différencie des autres.

 

Koalaboox_James_Patageul_Avau

 

 

KB : Avez-vous un conseil à donner aux nombreux entrepreneurs qui se lancent ?

J.-Y. D. : Ne comptez pas vos heures ! Même si, comme je l’ai dit plus haut, je travaille sereinement et sans stress, cela ne veut pas dire que je ne fais que mes 7 heures par jour de travail. Que du contraire. Il faut réellement se donner à 200%. Le succès n’arrive jamais tout seul, il faut travailler et se créer ses chances, ses opportunités. Je reste convaincu que, si l’on a des objectifs modestes et réalistes, on peut y arriver. Autre conseil, soyez bien accompagné. Seul, vous n’y arriverez pas. Dans mon cas, j’ai la chance d’être soutenu dans mes délires par mon épouse et de travailler en équipe avec elle et ça, c’est super !

 

KB : Pour terminer, vous encourageriez vos enfants à devenir indépendants ?

J.Y. D. : Oui bien sûr ! Mais je garderai toujours un œil sur eux (rires) !

 

KB : Merci James ! Pardon Jean-Yves.

J.-Y. D. : Avec plaisir !

 

 

 

Crédits photos : Koalaboox & James Patageul