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« Je vais créer mon entreprise »… cette idée me faisait flipper !

Et pourtant ils l’ont fait !

Nicolas et Valentine se sont rencontrés lors d’un tournage et décident en 2013 d’allier leurs forces et leurs sociétés respectives en créant la boite Prod of You. Depuis ils créent ensemble du contenu audiovisuel pour les plus grandes sociétés de Belgique.  Partagés entre passion pour la vidéo, liberté et challenge à gérer une société, nos deux ambassadeurs de la génération Y nous confient quelques moments drôles et moins drôles de leur jeune vie d’entrepreneurs.

 

Interview PROD of YOU

KoalaJo en visite chez PROD of YOU

 

KoalaBoox (KB) : Vous travaillez tous les deux dans la réalisation vidéo depuis des années. C’est un truc qui vous est venu comme ça ou bien vous avez d’abord voulu être genre, pompier ou vétérinaire ?

Val : Je me souviens avoir reçu mon premier appareil photo pour mes 6 ans et depuis j’ai toujours adoré travailler avec l’image. Je n’aurais peut-être pas pensé en faire mon métier, mais cette passion ne m’a jamais quitté. Un peu à la manière du gars bizarre du film American Beauty et son sac en plastique (rires). Je me suis formée à l’IHECS (école de communication à Bruxelles) et spécialisée à l’INSAS (école de cinéma). En sortant en 2009 je suis devenue prof de vidéo justement à l’IHECS.

Nico : Quand j’étais ado j’étais figurant sur plusieurs courts-métrages et j’ai adoré l’ambiance qui régnait sur les plateaux de tournages : ces longs moments d’attentes, les différents métiers qui se croisent et interagissent pour bâtir un projet artistique. J’ai étudié à l’IHECS, avec Valentine comme prof. , d’ailleurs (rire) et je me voyais travailler dans une agence de pub. Mais à la fin de mon projet vidéo de fin d’études tous mes profs m’ont dit que je ne me débrouillais pas mal en réalisation et que j’avais plutôt intérêt à persévérer dans ce domaine que de me transformer en petit soldat de la pub.

 1491613_607804566014238_7893037675081628577_nUne journée typique de tournage

 

KB : Et qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer comme indépendants ?

Nico : Après un premier job ennuyeux mais instructif à gérer la com’ web d’un site e-commerce de meubles, je suis retourné au chômage et j’ai repris la vidéo pour le plaisir. Voyant qu’il y avait pas mal de demandes d’entreprises pour de la réalisation vidéo, je me suis dit « Et pourquoi pas devenir mon propre patron ? ». J’ai trouvé un partenaire, qui ne l’est pas resté longtemps d’ailleurs, pour lancer l’affaire et Prod Of You était né.

Val : Etant prof avec un horaire assez léger, j’ai pu me mettre comme indépendante complémentaire et travailler sur des projets vidéo en parallèle. J’adorais enseigner mais j’avais tellement de boulot à côté que je devais souvent refuser, surtout les jobs à l’étranger. J’ai choisi de m’y consacrer à plein temps et je suis partie travailler à New York dans une boîte de prod. Une expérience de malade ! Mais très stressante et usante. Voulant devenir mon propre patron, je suis revenue et j’ai repris contact avec Nico qui venait de se lancer. C’est comme cela que l’on s’est associé.

 

10273243_492162907578405_8884452406828723473_oLes horaires de tournage nécessitent une énorme flexibilité

 

KB : Se lancer et créer son entreprise, ça demande un peu de préparation, non ?

Nico : Déjà se dire « Je vais fonder mon entreprise » c’est assez flippant. Excitant, mais flippant. On pense à la paperasse, au business plan à rédiger, aux fonds à trouver, et j’en oublie. Tu ne penses déjà plus à ton métier après 15 secondes. J’aurai pu me mettre indépendant, mais en faisant une société je voulais séparer mon patrimoine privé et professionnel. Avec une femme et des enfants, tu ne veux pas que l’on vienne saisir le lit et les meubles des petits en cas de soucis professionnels.

Val : De mon côté, en commençant comme indépendante complémentaire, c’était chouette parce que c’était progressif. Les choses sont venues petit à petit. Même si c’est clair qu’au début, tu te retrouves avec une montagne de nouvelles responsabilités, qui te sont souvent inconnues. Trouver un bon comptable, un notaire, etc, des personnes qui m’étaient totalement inconnues. Mais ce qui me stressait surtout, c’était d’oublier de payer tel ou tel truc et de me retrouver avec des amendes par exemple.

 

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Lancer son entreprise peut parfois sembler impressionnant

KB : Quel a été pour vous le plus gros défi à surmonter dans votre lancement ?

Val : Je n’avais pas trop de connaissances légales. Je ne savais pas quand envoyer tel document à tel moment, faire des rappels, etc… On se sent petit et faible face aux quantités de connaissances légales à assimiler. Vous savez ce que c’est que rédiger des bonnes conditions générales de ventes ? Au début moi non plus et je l’ai regretté. Ce n’est pas pour vous cirer les pompes, mais j’avoue qu’avec des services comme ceux de Koalaboox, ça nous a bien aidé à gérer toute notre facturation, les rappels, etc… Avant je ne savais même pas comment faire ni envoyer une facture dans les règles de l’art.  Mon truc, c’est l’image (sourires).

Nico : Trouver le premier client ! J’ai passé 8 mois sans me payer de salaire, je devais démarcher, me vendre et puis c’est venu progressivement. Quand on est jeune et que l’on se lance, on n’a pas vraiment de contacts. A l’inverse des indépendants qui le deviennent après avoir travaillé longtemps comme employés et s’être constitué un réseau de clients, le jeune se sent un peu seul avec juste un travail de fin d’étude à montrer.


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Les tournages permettent de vivre des moments pleins d’émotions

 

KB : Et dans tout cela, vous assumez votre choix d’entrepreneur, donc vous avez sûrement envie de partager avec nous votre meilleur moment ?

Nico : A côté de ça, j’adore mon métier. En tant que boîte de prod’ les demandes sont très variées. Par exemple participer à un Dinner in the Sky, mettre en scène les Diables Rouges, assister à l’installation d’un ours aux grottes de Han, courir sur un circuit de voiture, visiter une centrale nucléaire… Ce n’est pas donné à tout le monde. Toujours quelque chose de différent qui me permet de ressortir moins con à la fin de ma journée. Ça, ça n’a pas de prix !

Val : On se crée les opportunités que l’on veut. Je m’arrange pour faire plein de tournages à l’étranger et donc je voyage beaucoup. En tant que gérant, nous sommes décisionnaires, nous pouvons, selon les contextes, nous permettre de refuser du travail ou de faire des propositions créatives au client et éventuellement sortir du cadre initialement préétabli, un luxe !


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Travailler dans les airs n’est pas donné à tout le monde

 


KB : Pour terminer, quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite se lancer comme entrepreneur dans votre domaine ?

Nico et Val : Heu, on doit vraiment répondre à ça (rires). Le fait d’avoir son propre matériel est déjà un vrai plus en soi. Cela peut faire peur car c’est un gros investissement, mais c’est vite amorti puis ça permet d’être réellement autonome. Avoir du matériel un peu spécifique (ex. Drone, camera Movi, etc.) est un bon point aussi. A l’air du tout à la technologie, les clients aiment voir que vous êtes à jour et ils sont souvent demandeurs des dernières tendances car ils veulent eux-mêmes se démarquer de la concurrence.

Koalaboox

 

 

Un aperçu de leurs réalisations ? https://vimeo.com/user10710957

Site web : www.prodofyou.be

Crédits photos : Prod Of You & Pénélope Daloze