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“Mieux que Google, nous avons commencé dans un abri de jardin”

Peintagone, c’est LA peinture « Made In Belgium » qui est apparue en à peine un an sur les étagères des magasins du pays. Derrière cette marque qui habille aussi bien les murs des particuliers que ceux des plus grandes marques internationales, trois jeunes entrepreneurs de 25 ans, Baptiste, Benoit et Nicolas. Zoom sur leur aventure peinturluresque en pleine ascension.

Peintagone_Koalaboox_Jonathan_AvauKoalaboox

KoalaBoox : Hello Benoit, comment vas-tu ? C’est pratique l’enseigne à l’entrée de votre entrepôt, je n’ai même pas eu besoin de chercher la bonne sortie, on vous voit de loin.

Benoit Piessevaux : Ecoute ça va, bienvenue chez Peintagone, nous avons un peu rangé car nous savions que tu devais passer, mais ce n’est pas encore parfait. On ne dirait pas comme ça, mais c’est déjà mieux qu’avant. Si vous voulez nous aider encore plus, il faudrait que Koalaboox développe un instrument dédié à la gestion de stock. Ça doit être jouable, non ?

KB : Tout est faisable, je transmettrai le message au team des développeurs !

BP : Cool, comme ça la prochaine fois que tu viendras tout seras encore mieux rangé. Peinture, Clark, machines, et tout…

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Inside_Peintagone_Koalaboox_Jonathan_AvauBienvenue au “hub” Peintagone

KB : C’est ici que vous produisez la peinture ?

BP : Non, du tout, ici c’est juste notre entrepôt. L’usine de production est située en province de Luxembourg. Ici nous stockons et redistribuons nos produits vers nos clients, principalement des revendeurs ou des sociétés. C’est l’endroit parfait. Saviez-vous qu’ici (Mont-Saint-Guibert, Louvain-la-Neuve) vous êtes à un kilomètre du point central de la Belgique (Walhain) ? Stratégique, non ? Mais en vérité nous sommes surtout à la croisée des routes pour toute la Belgique, bref, nous avons les avantages de Bruxelles, mais sans les embouteillages.

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KB : Je ne comprends pas, vous avez tout un tas de machines, des mélangeuses de couleurs ici, mais vous ne produisez pas ?

Nicolas Guilmin (qui est arrivé entre-temps dans le bureau) : Une peinture est constituée principalement de résine, de craie et de titane. Ces matières premières sont assemblées à l’usine où nous produisons les trois bases de la peinture, le blanc (W), le medium (M) et le transparent (TR). Ces produits « Peintagone », sont revendus un peu partout dans le pays en magasin. Là-bas, les magasins se chargent des mélanges en fonction des besoins de leurs clients. Mais pour nos clients qui nous demandent le produit fini, tel que vous l’achetez en magasin, nous pouvons mélanger ici nos produits.

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Melangeuse_Peintagone_Koalaboox_Jonathan_AvauLa célèbre mélangeuse, étape finale de tout produit fini

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KB : Ok, un peu comme le boulanger qui assemble les ingrédients pour son pain ?

NG : Heu oui, on peut voir ça comme cela. Mais je ne sais pas si des gens vont chez le boulanger juste pour acheter de la farine, de l’eau et de la levure …

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KB :  Donc chez Peintagone, vous êtes trois : Baptiste, Benoît et Nicolas.  Vous êtes récemment sortis des études. Devenir entrepreneur, c’était une sorte de rêve, de vocation ?

BP : J’ai étudié avec Nico le marketing à Louvain. On ne savait pas exactement ce que nous voulions faire, mais nous avions une certitude : On voulait créer notre propre marque ! De (presque) n’importe quoi, mais de quelque chose (rires). Nous avions vraiment envie d’entreprendre, de faire du belge.

BP (le frère qui est revenu de livraison) : Nous avions déjà ouvert une petite société d’achat-vente quand nous étions encore aux études. Rien de bien lourd, mais idéal pour nous former à la création et gestion d’un business, sans réelles pertes de risques. Et nous avions su que nous voulions continuer comme entrepreneurs.


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Peintagone, c’est eux : Baptiste, Nicolas et Benoit (qui ferme les yeux d’émotions)

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KB : Qu’est-ce qui vous a conduit dans la peinture alors ?

BP : Ensemble, nous avons eu l’occasion de nous former à l’entreprenariat en travaillant directement avec une fabrique de peinture, celle qui créer à présent notre produit. Après nous avons gardé contact avec eux et nous nous sommes dit… Why not ? Et nous nous sommes lancés…

BP (frère) : Peintagone est né il y a un an et demi. On a fait mieux que Microsoft ou Google ! Nous avons commencé la vente de peinture avec en tout et pour tout un abri de jardin comme centre logistique. Puis rapidement nous sommes passé au garage et puis en à peine trois mois avec un vrai entrepôt, celui-où vous vous situez.

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KB : C’est difficile de se lancer dans un métier comme celui-là ?

NG : Il ne faut pas avoir fait des études spécifiques pour se lancer dans la peinture. Mais après comme toute aventure d’entreprenariat je pense, il faut apprendre sur le tas, et ça peut devenir vite stressant. Un exemple ?  J’ai passé 3 mois à programmer notre mélangeuse. 3 mois de travail intense où l’on ne vend pas et où l’on se demande souvent « mais qu’est-ce que je suis en train de faire… je programme une mélangeuse qui ne fonctionne pas, c’est ça ma vie ? » Mais en persévérant nous avons fini par arriver à des résultats satisfaisants et nous avons pu commencer à vendre.

Teinteuse_Peintagone_Koalaboox_Jonathan_AvauParamétrer une machine à teinter… tout un art !

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BP : On a bossé comme des malades. Dans mon cas j’ai passé des mois à faire les étiquettes des pots. Pareil, je n’étais pas spécialiste en peinture, du coup c’était chaud d’apprendre sur le tas tout en devant délivrer un produit de qualité… et sans erreurs ! Les pots et les étiquettes, ils ont tous l’air pareils comme ça mais chacun a son petit détail de composition de produit. Quel boulot ! Mais pareil, une fois les premiers pots sortis avec notre packaging, c’est super gratifiant !


Packaging_Peintagone_Koalaboox_Jonathan_Avau
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KB : Et le secret de votre réussite ? Enfin… de ce que vous pouvez dire, ça restera entre nous.

BP: De ce que l’on peut dire sur notre stratégie : Dès le début, on a fait comme Décathlon. On a scindé les produits en trois : le bas, moyen et haut de gamme. Mais attention, bas de gamme ne veux pas dire mauvais ! Mais pour peindre un intérieur de garage, le bas de gamme suffit. Nous avions des prix concurrentiels aux supermarchés dès le début. Ça nous a permis de vendre assez rapidement à différents types de clientèles, sans se priver de créneaux potentiels. En plus d’apprendre à gérer des ventes et de la logistique, nous pouvons accroître nos ventes tous secteurs confonds en même temps.


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Proposer une vaste gamme de produits dès le début, la stratégie gagnante de Peintagone

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NG : Quand nous pensons maintenant au chemin réalisé en 1 an ! Nos produits sont répartis dans différents points de vente dans toute la Belgique, nous avons une gamme de produit qui répond au besoin de presque tout le secteur.

KB : Où est-ce que l’on peut admirer des « couleurs » Peintagone ?

BP : Notre premier client nous a permis de commencer très fort ! Il s’agit d’une société de construction de stands d’exposition. Du coup dès notre lancement ils nous ont acheté des centaines de litres de peintures et nous nous sommes retrouvés à mettre en valeur des marques telles que Ferrari, Lamborghini, ou encore Rolex… Pas mal pour un début ?


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Les couleurs “Peintagone” ornent les stands d’expositions de nombreuses marques

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KB : Vous parlez d’une marque belge, vous produisez en Belgique, considères-tu Peintagone comme un acteur d’économie locale ?

BP : Oui totalement. S’il y a effectivement certains produits de composition que nous ne trouvons pas en Belgique, tout notre processus de fabrication se situe sur le territoire belge, ainsi que notre réseau de vente.

NG : Ça nous permet d’avoir une bonne maîtrise de notre production et de pouvoir nous adapter assez rapidement le cas échéant. Je connais des partenaires qui sont en difficultés principalement car leurs fournisseurs étrangers ont décidé de changer leur stratégie ou leurs conditions et se retrouvent d’un coup sans matières premières ou produits finis à vendre… alors qu’ils n’y sont pour rien.

 

KB : Le public est-il sensible à cette notion d’économie locale, de produit belge, voire de développement durable ?

BP : On est dans une tendance où les clients sont plus sensibles à ces questions et sont contents de voir que l’on prend en compte l’écologie dans notre marque. Nous avons même des revendeurs qui ne vendent que de l’écologique. Mais commercialement, pour nous, c’est un plus à ajouter, sans être général. Si on ne faisait que de l’écologique on perd une grosse partie de notre clientèle.

BP (frère): On voit que les gens reviennent vers le « local », . Les gens sont de plus en plus sensibles à leur santé et qualité d’environnement, donc ils font gaffe notamment à la peinture.

NG : Les gens sont sensibles au Made In Belgium. On a des revendeurs qui ne jurent plus que part ça, même des clients. Le Made In Belgium, ça plait énormément. Autre petite anecdote sympa : Lors de la journée « Portes Ouvertes » de l’usine de peinture, des cars entiers de visiteurs se rendent à l’usine. Les gens sont contents de (re)découvrir les dernières unités de fabrication encore en activité en Belgique. Vous auriez imaginé ça il y a 30 ans ? Des touristes qui visitent une fabrique de peinture ? Les temps changent…

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usine_peinture_Peintagone_Jonathan_AvauQui aurait cru il y a 30 ans que les gens se déplaceraient pour visiter une usine de peinture ?

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KB : Merci Benoit, Baptiste et Nicolas pour le temps accordé. Est-ce qu’il y a quelque chose que je peux transmettre à notre team de votre part ?

BP : Comme nous vous l’avons dit, si vous pouviez intégrer la gestion des stocks se serait super ! Sinon, Koalaboox, c’est un avantage de dingue. Pas cher et super efficace. Au début on s’en sortait avec Word, mais très vite nous avons perdu pied. Avec vous, tout le monde peut aller sur le programme et s’occuper de la compta, même le stagiaire. On finance de temps en temps, notamment pour les clients « difficiles » qui paient tard – souvent des gros clients dont on ne peut pas se priver. Par exemple, les gros salons paient à 60 jours fin de mois. Avancer la matière puis attendre… faut avoir les reins solides.

BP (frère) : Et puis simplement on gagne des heures à ne pas appeler nos débiteurs et on est donc moins stressés. Rien que pour ça c’est déjà super !

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Peintagone_utilisateur_Koalaboox

Nicolas, de corvée “factures”

Crédits photos : Koalaboox & Peintagone