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Stress et entrepreneuriat, amis pour la vie ?

Notre Dossier : « L’Entrepreneur et la Société »

Article n°4 – Stress et entrepreneuriat

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Quel entrepreneur n’a jamais été victime à un moment ou à un autre de sa carrière d’un épisode de stress plus ou moins fort ? Mauvais souvenir pour les uns, vraie pathologie pour d’autres, le stress fait malheureusement partie intégrante de la vie des indépendants. Si tout le monde est concerné, le stress n’en n’est pas moins une fatalité et peut être combattu et maîtrisé. Quelles sont les différentes sources de stress qui touche les entrepreneurs ? Comment s’en prémunir ?

 

On fait le point ?

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Sommaire :

  1. Le mythe de l’entrepreneur infatigable
  2. Qui est susceptible d’être victime de stress ?
  3. Les principales sources de stress
  4. Indépendant ou salarié ? Un stress bien différent
  5. Comment gérer le stress ?
  6. La gestion du stress, bientôt une compétence managériale ?
  7. Des outils pour réduire le stress des entrepreneurs ?

1.

1. Le mythe de l’entrepreneur infatigable

En côtoyant au quotidien les entrepreneurs indépendants, nous avons été interpellé de voir à quel point ces derniers sont régulièrement en situation de stress. En Belgique et en France, c’est devenu une réalité inquiétante, même si la plupart d’entre eux sont dans le déni vis-à-vis de leur état de santé. C’est tout à fait compréhensible ! A contre-courant des images de « super-entrepreneurs » véhiculées dans les médias, le stress traduit un état de faiblesse qui pourrait mettre en cause la capacité de gérer une entreprise, voir la légitimité à diriger une activité.

Le mythe du ‘superman’ entrepreneur véhiculé dans les médias ou sur les réseaux sociaux comme Linked In, n’est pas conforme à la réalité. L’entrepreneur acharné de travail, mais qui n’est jamais fatigué, ou du moins qui reprend ses forces en quelques heures de (bon) sommeil, nous ne l’avons encore jamais croisé. Moins cliché mais très vrai, nombreux sont les experts qui dénoncent la vision de l’entrepreneuriat à la « grand-papa », celle de l’indépendant dédié physiquement et mentalement à 100% à son activité professionnelle, au détriment de tout le reste. Et l’idée entretenue est la suivante : le stress, c’est un symptôme qui touche les faibles… Faux !

 

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Infatigable l’entrepreneur ?

 

A re(lire) : La galaxie des entrepreneurs, une galaxie pas si lointaine

2.

 

2. Qui est susceptible d’être victime de stress ?

De récentes études démontrent que sont particulièrement concernés les dirigeants de petites et moyennes entreprises ou managers de proximité encadrant de petites équipes. Ils sont bien plus exposés au stress que les cadres dirigeants. Les effets néfastes et pathologiques du stress n’épargnent donc pas les entrepreneurs. Pour eux le stress est devenu le premier problème de santé au travail. Et ce n’est pas nous qui le disons, mais bien les grands rapports internationaux de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE).

3.

 

3. Les principales sources de stress

 

  1. – La surcharge de travail

Les longues heures prestées et la quantité de tâches à réaliser ne sont pas les seuls facteurs de stress. Contrairement à une idée répandue, la charge de travail n’est pas la source directe de stress, mais toutes les conséquences qui en découlent. Par exemple, l’impact sur la vie personnelle. Cet équilibre est devenu un enjeu, une revendication majeure pour beaucoup d’indépendants aujourd’hui. Le développement des nouvelles technologies a, par exemple, brisé la séparation nette entre vie privée et professionnelle. La déconnexion n’existe plus et les dernières études médicales soulignent les risques de stress qu’engendre une « charge mentale » trop importante.

 

A (re)lire : Entreprise Gailly, Portrait d’une famille en or

 

  1. – L’incertitude

Une autre source de stress est liée à l’incertitude dans laquelle se trouve l’entrepreneur. Comme nous l’avions déjà défini, l’incertitude est la conséquence d’un monde qui évolue sans cesse, dans lequel l’entrepreneur doit s’adapter constamment. Définir la variable d’incertitude de réussite ou non d’un projet entrepreneurial est très difficile, stressant et nécessite une capacité d’évolution constante au cours de sa vie. Nombreux sont les entrepreneurs qui nous parlent d’une sorte de jeu « du chat et de la souris » avec son environnement : Innovation, clientèle, législation, partenaires, concurrence… tout y passe !

 

Cette absence de prévisibilité augmente considérablement le stress et l’anxiété. C’est un réflexe humain, animal même. Mais il risque de pousser à faire de mauvais choix lorsque des décisions sont à prendre dans un contexte stressant. Ce qui entraîne encore plus de stress, etc. Cerise sur le gâteau : A la différence d’un salarié, les entrepreneurs sont soumis au stress supplémentaire qu’une erreur de leur part pourrait entraîner de graves conséquences pouvant mener jusqu’à une faillite de leur projet et au licenciement de leurs employés s’ils en ont.

 

  1. – La solitude… ou l’inverse… ou les deux !

Les nombreux témoignages d’entrepreneurs que nous recevons (ici, ici ou encore ici, par exemple) soulignent l’importance de bien s’entourer lorsque l’on se lance. Ne surtout pas tout faire tout seul au risque de se retrouver débordé de travail et de lâcher prise rapidement. C’est tout à fait vrai.  Mais à l’inverse, comme pour l’excès de charge de travail, les contacts qu’entretient l’entrepreneur avec ses partenaires peuvent aussi être une source de stress. Travailler avec ses clients, fournisseurs, collaborateurs… peut régulièrement prendre des formes conflictuelles (même minimes : facture payée en retard, livraison défectueuse, erreur de commande…) et le dialogue peu devenir éprouvant. « Qu’ai-je fait de concret à la fin de ma journée, à part gérer des m… avec mes clients et mes fournisseurs ? » Qui n’a jamais fait ce constat à la fin d’une journée harassante ?

A l’inverse, la solitude, qui touche de nombreux indépendants, peut aussi être source de stress. Par solitude, nous entendons le sentiment de devoir faire face seul aux difficultés que l’on rencontre, sans réelle possibilité de déléguer, de collaborer, voire simplement de partager socialement sas expériences. Le manque de soutien et de support social fragilise sur le long terme tous les individus.

 

4.

 

4. Indépendants et salariés, un stress bien différent

A l’opposé, le métier d’entrepreneur génère une série de satisfactions qui vont diminuer le stress causé par ce statut. En premier lieu, celui cité par la quasi majorité des intéressés : le « sens » donné à sa mission. A contre-courant du monde des employés salariés où le débat sur l’utilité des tâches répétitives ou insignifiantes, le sens du travail fait rage, les indépendants parlent eux de leur passion. La croyance dans ce qu’ils font est un des moteurs de leur motivation.

Autre motivation régulièrement avancée : Avoir plus de marges de manœuvres, plus de liberté qu’un employé lambda. Le stress du dirigeant est donc souvent plus « agi » que « subi », ce qui n’a pas le même effet néfaste sur la santé.

Enfin, doit-on rappeler qu’aujourd’hui, l’image globalement très positive, valorisante de l’entrepreneur, ajoute une image valorisante? Cette reconnaissance sociale et le sentiment positif qu’il en retire peuvent l’aider à supporter les charges de son activité.

Chez les salariés, le stress est perçu négativement et lié à une dégradation des conditions de travail. A l’inverse, le stress est pour les entrepreneurs synonyme de challenge et de dynamisme. C’est en partie vrai, mais il ne faut pas sous-estimer pour autant le danger que représente en fin de course une exposition répétée au stress pour la santé.

5.

 

5. Comment gérer le stress ?

Le stress est une réaction du corps et de l’esprit qui se déclenche chaque fois que nous sommes confrontés à une situation difficile ou menaçante. Nos émotions s’en trouvent exacerbées : Peur et colère pour ne pas les citer.

La Commission Européenne s’inquiétait en 2013 le fait que trop de responsables se « nourrissent » du stress pour se stimuler, au point que cela en devienne une addiction. Comme une sorte de drogue en quelque sorte. L’étude pointe la dépendance des chefs d’entreprises à l’adrénaline, la principale hormone du stress. La lutte perpétuelle contre le temps (être toujours pressé et impatient, tout faire vite et faire plusieurs choses en même temps) devient une habitude chez les entrepreneurs stressés.

Comme un navigateur, le risque de chavirer est élevé et en être conscient permet de s’en prémunir au maximum. Mais cette épée de Damoclès a un coût : un sentiment de stress omniprésent, latent.

Voici une série de “trucs” que nous ont confié une série d’entrepreneurs. Plus ou moins efficaces, ces stratégies ont pour effet de réduire le stress au quotidien. Il s’agit cependant d’une liste non exhaustive qui mériterait de s’allonger en fonction des conseils et expériences de chacun :

 

  • – La pratique régulière de la relaxation représente l’un des axes essentiels de la gestion du stress. Parmi les formes de relaxation reconnues pour leur efficacité, le contrôle de la respiration, ou la détente des muscles sont les plus simples à réaliser. Savoir régulièrement mettre son corps au repos tout au long de la journée protège des effets néfastes du stress. Plusieurs entrepreneurs nous ont même confié pratiquer la méditation dite « pleine conscience » avec des bons résultats. Mais pour cela un minimum de préparation avec un coach est préférable au début.

 

  • – Plus accessible, savoir raisonner « sainement» dans une situation de stress (dédramatiser, prendre du recul, relativiser…) permet d’affronter des situations difficiles sans être déstabilisé. Comme pour les sportifs, c’est souvent le mental qui est le plus déterminant.

 

  • – L’entrepreneur doit tenter de séparer au maximum à sa vie personnelle de son travail et de refuser dans la mesure du possible le surinvestissement professionnel. Comme pour des investissements financiers, il faut essayer de diversifier ses « investissements » émotionnels et ne pas tout placer dans le travail. Les personnes diagnostiquées en état de burn-out sont pratiquement toutes trop impliquées (physiquement et mentalement) dans leur travail.

 

  • – Enfin, nous nous permettons de rappeler qu’il est judicieux de prendre de la distance avec les faux-amis du stress, ceux qui donnent l’illusion d’y faire face : tabac, caféines, stimulants artificiels, alcool… L’alimentation saine, l’exercice physique (minime mais régulier) et le sommeil sont, sur le moyen et le long terme, les meilleurs alliés de l’entrepreneur.

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6. La gestion du stress, bientôt une compétence managériale ?

Saviez-vous que dans certains pays anglo-saxons ou scandinaves, la lutte contre le stress professionnel est bien plus avancée. Elle en devient même une « compétence managériale » à acquérir. Elles sont mêmes enseignées dans de prestigieuses universités et écoles de commerces aux futurs dirigeants. Car, au-delà des problèmes de santé personnels qu’engendre le stress, l’entrepreneur doit prendre conscience qu’il s’agit aussi d’enjeux de performance pour lui-même, son activité et son équipe.

7.

 

7. Des outils pour réduire le stress des entrepreneurs ?

Chez Koalaboox, nous n’avons malheureusement pas le pouvoir de faire disparaître le stress quotidien dont sont victimes les entrepreneurs. Toutefois, nous tentons de contribuer à le réduire au maximum de nos compétences. Nos équipes ont pour objectif de rendre leur facturation, leur comptabilité et la gestion de leurs activités plus simples et plus agréables… c’est déjà ça de stress en moins !

 

Koalaboox

 

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Photos & illustrations : Koalaboox & Joseph Brown

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